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Morcheeba s'éveille juste avant l'été aux sons alanguis de Charango, un album de danse apathique ("Slow Down") sur un tapis de cordes moelleux ("Otherwise") brodé de fioritures sixties et de trip-hop bluesy. Deux ans après un troisième opus plus pop que hop, Big Calm, emmené par un trépidant single soul "Rome Wasn't Built In A Day", le trio britannique se laisse envahir par une douce mélancolie harmonique en compagnie de spécialistes en rythmes nonchalants. Kurt Wagner, leader menuisier de Lambchop, étale ses penchants folk sur "What New York Couples Argue About", une douce torpeur nourrie de mélodie mid-tempo bien huilée et de groove à la fluidité soyeuse, partiellement anéantie par les rappeurs Slick Rick "Women Lose Weight" et Pace Won. Charango ou comment pratiquer l'hypnose en 12 titres par la splendide Skye Edwards et les débonnaires frères Godfrey. --Sabrina Silamo
Au sein du fourre-tout trip-hop, Morcheeba montre dès ce premier album des velléités pop et instrumentales plus affirmées que chez certains de ses contemporains. Nourrie à une soul voluptueuse que se charge de propager l'organe divin de la chanteuse Skye, la musique du trio jette un pont entre tradition (format chanson, mélodies soignées, guitares bluesy souvent jouées en slide, orgues) et une modernité évoquée par petites touches (beats en apesanteur, légers scratches, nappes ambient). Ce mélange parfaitement résumé par le mémorable single Trigger Hippie prouve, qu'en matière musicale, le savoir-faire dévoué peut rivaliser avec l'innovation pure. Pour aller quérir celle-ci dans la même veine, mieux vaut se retourner vers Massive Attack ou le dissident Tricky. Les membres de Morcheeba ont eux choisi une voie plus classique, mais aussi plus généreuse. Il serait tout aussi dommage de ne pas l'explorer. --Fabrice Privé
Troisième album, ce disque est le plus pop qu'ait sorti Morcheeba. En effet, même si l'on retrouve les éléments électroniques, trip-hop en particulier qui ont fait les succès des albums et singles précédents, plus de place est ici accordée aux mélodies comme dans "Rome Wasn't Built In A Day", ou dans le morceau éponyme (qui donne son nom à l'album). En outre, toujours à la croisée des genres musicaux contemporains, Morcheeba invite ici Biz Markie, rapper aussi efficace que classique dans "In The Hands Of Godz". Plus loin, "Love Sweet Love" et "Good Girl Down" accueillent respectivement Mr Complex et Bahamadia, témoignages de la fraîcheur et de l'ouverture musicale de Morcheeba. --Florent Mazzoleni
Rarement compilation aura ainsi permis d'appréhender le travail d'un groupe dans sa complexité disparate. Il faut dire que lorsque le groupe en question s'appelle Morcheeba, on doit être prêt à une sorte de virée dans les montagnes russes. Dans le voyage organisé par les frères Paul et Ross Godfrey, c'est la voix fluide de Sky Edwards qui nous tient la main. Des chansons comme "World Looking In" ou "Part Of The Process" nous invitent dans un univers qui hésite entre blues et country, mais les scratches et les samples de Ross se chargent de faire trembler l'édifice. De lui donner cet air mystérieux, hypnotique, que produit la musique de Morcheeba. De telles chansons font se demander pourquoi le trio fut classé dans la catégorie "électronique". Et c'est en écoutant "Blindfold" ou "Undress Me Now" que l'on comprend. Et puis il y a des titres comme "Otherwise" ou "Tape Loop", qui renferment tout le magnétisme de ces Anglais surdoués. Capables de produire un best of (Parts Of The Process parcourt les sept ans de carrière du groupe) d'une densité rare, Morcheeba nous fait le présent de près d'une heure et vingt minutes de la musique la plus collée à son époque. Et sans opportunisme. --José Ruiz