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La pire chose dont Elastica aurait pu nous menacer ? Laisser les choses là où elles étaient, terminées en queue de poisson en 1995, après le succès d'un premier album fougueux et efficace mais sans succession. Cinq ans d'attente et de remises en question musicales et personnelles, cinq ans à faire mijoter le public et laisser libre cours à toutes les conjectures. En 2000, Elastica revient et balaie les rumeurs, chasse les bruits par le bruit. The Menace est, pas de doute possible, dans la droite lignée du premier album des Londoniens, âpre et rude, mené d'une poigne de fer par Justine Frischmann. Le post-punk teigneux se bagarre avec une new wave sombre et inquiétante, une sensualité malsaine mais hypnotique sous-tend ce rock hyper dense. Le seul espace qui aurait pu être laissé à la légèreté (une reprise de "Da Da Da", de Trio) est ici traité avec férocité. Leurs références (Wire, Stranglers, le barjot au mauvais fond qu'est Mark E Smith de The Fall et qui intervient sur le barré "How He Wrote Elastica Man") sont immuables et c'est tant mieux, car ils les manipulent avec brio et sérieux. Même pas peur ? --Elsa Forget