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Débarquées dans le paysage musical alors que les Spice Girls y faisaient la loi, les quatre All Saints, autrement déniaisées, autrement dévergondées que les cinq nitouches, ont décomplexé la pop de l'année 98. Deux ans plus tard, alors que les rivales ne donnent pas d'inquiétant signe de vie – musical –, les quatre All Saints, moins stressées, sortent un deuxième album, Saints & Sinners, tranquille, presque sage. Soutenues par Karl Gordon et Johnny Douglas (déjà responsables du son du premier album), et par William Orbit (Madonna), les quatre demoiselles, nez au vent, se font moins folles, moins tigresses. Saints & Sinners va voir un peu chez les copines américaines (TLC, Destiny's Child) mais, effrayé par la dépravation d'outre-Atlantique, revient vite à un son plus retenu, plus pudique, plus anglais. Saints & Sinners privilégie les tempos sensuels, les ballades aux harmonies vocales complexes (superbes "Pure Shores" et "Black Coffee"). Moins pestes et plus R'n'B, on les croirait presque plus saintes que pécheresses. --Elsa Forget